Article écrit par
Julie Dachez
Docteure en psychologie sociale, autrice, vulgarisatrice scientifique et conférencière. Depuis plus de dix ans, je travaille sur l'autisme à l'âge adulte, un sujet au cœur de mon engagement professionnel, que j'aborde sous l'angle du vécu, de la recherche et des enjeux sociaux.
"Les autistes n'ont pas d'empathie." Beaucoup de personnes autistes ont entendu cette phrase. Dans la bouche d'un médecin, d'un proche, ou dans une émission censée vulgariser l'autisme. C'est l'une des idées les plus tenaces qui circulent sur le sujet, et l'une des plus mal comprises.
Mal comprise, parce qu'elle agrège en un seul mot des choses que la recherche distingue depuis longtemps. Quand on les sépare, le tableau change du tout au tout. Voici ce que disent vraiment les données, d'où vient le malentendu, et quelles en ont été les conséquences.
En bref
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Tout part de 1985. Simon Baron-Cohen, Alan Leslie et Uta Frith publient dans Cognition une étude qui va structurer des décennies de travaux : « Does the autistic child have a "theory of mind"? ». Ils adaptent un dispositif à deux poupées, Sally et Anne. Sally cache une bille dans son panier, puis quitte la pièce. En son absence, Anne déplace la bille dans sa boîte. Sally revient, et on pose à l'enfant la question suivante : où va-t-elle chercher sa bille ?
Les chiffres : 16 des 20 enfants autistes (80 %) répondent « dans la boîte », là où la bille se trouve réellement, et non là où Sally croit l'avoir laissée. À l'inverse, 85 % des enfants tout-venant et 86 % des enfants porteurs d'une trisomie 21 réussissent. Deux détails comptent. D'abord, le groupe autiste avait un âge mental plus élevé que les deux autres : l'écart ne s'explique donc pas par le niveau intellectuel. Ensuite, tous les enfants, sans exception, savaient où était réellement la bille et se rappelaient son trajet. Ce qui distinguait les enfants autistes tenait à une seule inférence : se représenter la croyance, fausse, de Sally.
Les chercheurs en ont déduit un déficit de théorie de l'esprit : l'incapacité à se représenter les croyances d'autrui, y compris quand elles sont fausses, et donc à anticiper son comportement. (on verra plus loin que cette conclusion ne tient pas franchement la route)
Un point important : le test de Sally et Anne teste une croyance, pas une émotion. La question, c'est « que pense Sally ? », jamais « que ressent Sally ? ». Plus parlant encore : le mot « empathie » n'apparaît pas une seule fois dans l'étude de 1985. Baron-Cohen et ses collègues parlent de croyances, d'états mentaux, de prédiction du comportement, jamais d'empathie. Le glissement de « déficit de théorie de l'esprit » à « déficit d'empathie » est venu après, d'article en manuel, comme si c'était la même chose. Baron-Cohen lui-même est passé de la théorie de l'esprit (1985) à l'empathie : dans les années 2000, il construit un questionnaire d'empathie et une théorie qui décrit les personnes autistes comme des "hypo-empathes". Dans la foulée, théorie de l'esprit et empathie ont fini par être employées comme synonymes. C'est l'erreur fondatrice. Et elle s'est allègrement propagée pendant quarante ans.
"C'est un stéréotype qui fait beaucoup de mal. Je suis particulièrement bouleversée quand j'entends des psychologues formés affirmer qu'une personne ne peut pas être autiste parce qu'elle a de l'empathie." (Kimber et al., 2024)
Pour sortir du malentendu, il faut remettre les points sur les "i". La recherche distingue trois objets distincts.
La théorie de l'esprit
Se représenter les états mentaux d'autrui. Elle se divise en deux composantes :
L'empathie cognitive
Décoder en temps réel l'état émotionnel d'autrui à partir d'un visage, d'une voix, d'un sous-entendu. Inférer, pas ressentir. Elle recoupe seulement la part affective de la théorie de l'esprit.
L'empathie affective
Être touché par l'état émotionnel d'un autre : sa tristesse, sa douleur, sa joie résonnent en vous. Votre amie pleure, et vous vous sentez triste. C'est une dimension viscérale, et bien souvent c'est celle-là qu'on a en tête quand on dit d'une personne qu'elle "a de l'empathie".
Une fois ces trois objets posés, la phrase "les autistes n'ont pas d'empathie" ne tient plus. De quelle empathie parle-t-on ? Car les données divergent selon la réponse.
Une réalité complique encore le tableau : l'alexithymie, la difficulté à identifier et nommer ses propres émotions. Elle touche environ la moitié des personnes autistes, contre 5 % de la population non autiste (Kinnaird et al., 2019). Or ne pas savoir mettre un mot sur ce qu'on ressent n'a rien à voir avec ne rien ressentir. L'alexithymie brouille l'expression de l'émotion, pas son existence.
En 2025, Noémie Cusson et ses collègues publient dans Clinical Psychology Review la synthèse la plus large existante : 226 études, plus de 13 000 participants autistes. Elle sépare proprement les composantes, et ça nous aide à y voir plus clair.
Empathie affective : quasi intacte
L'écart entre personnes autistes et non autistes est minuscule (g = −0,17) et devient non significatif dès qu'on ne garde que les études de bonne qualité méthodologique. Sur les tâches d'empathie pour la douleur d'autrui, aucune différence.
💡 Une « tâche d'empathie pour la douleur », c'est quoi ?
Dans les études, on montre à la personne quelqu'un qui a mal (une main piquée par une aiguille, un visage qui souffre), ou on lui fait savoir qu'une autre personne dans la pièce va recevoir une stimulation douloureuse. Puis on mesure sa réaction de deux façons : ce qu'elle dit ressentir (à quel point la douleur de l'autre lui paraît intense, désagréable), et la réaction de son cerveau (les régions qui s'activent quand on a mal soi-même s'allument aussi quand on voit l'autre souffrir !).
Empathie cognitive : un écart réel
Là, la différence existe et elle est importante (g = −0,85). Décoder les signaux émotionnels des non-autistes est plus coûteux. On verra plus loin que ce résultat peut se comprendre autrement qu'en termes de déficit.
L'instrument qui fabrique le "déficit"
Mesurée comme un bloc unique, via l'Empathy Quotient, l'empathie chute énormément (g = −1,70). Sauf que cet instrument mélange empathie et compétences sociales. La conclusion des auteurs est nette : traiter l'empathie comme un tout "distord et gonfle" l'idée d'un déficit.
Le contraste avec une méta-analyse antérieure est, je trouve, assez parlant. Fatima et Babu (2023), sur 35 études, concluent à un déficit d'empathie affective moyen (0,58). Cusson et al. (2025), sur un corpus bien plus large et en ne gardant que les études les plus solides, concluent à une empathie affective quasi intacte. Un déficit qui disparaît dès qu'on resserre la rigueur méthodologique, ou qu'on change d'instrument de mesure, en dit moins long sur les personnes autistes que sur les outils censés les évaluer...
Et le détail le plus parlant se cache dans les sous-échelles. Les personnes autistes rapportent moins de "souci de l'autre" tourné vers l'extérieur (g = −0,59), mais une détresse personnelle plus forte face à la souffrance d'autrui (g = +0,67). Autrement dit : l'émotion arrive, et elle arrive fort, au point de submerger. Une personne débordée peut sembler fermée, mais interpréter ce retrait comme de l'indifférence, là est l'erreur.
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Découvrir la formation →Reste l'écart sur l'empathie cognitive, adossé au fameux "déficit de théorie de l'esprit". Avant d'en faire une caractéristique des personnes autistes, regardons sur quoi il repose. Gernsbacher et Yergeau ont passé la thèse au crible dans une synthèse au titre éloquent : Empirical Failures of the Claim That Autistic People Lack a Theory of Mind (2019). Le bilan est pour le moins accablant.
Première surprise : l'affirmation circule beaucoup plus qu'elle n'est démontrée. Sur les 500 articles les plus cités qui associent "théorie de l'esprit" et "autisme", plus de 75 % posent le déficit comme un fait acquis, sans apporter la moindre donnée pour l'étayer. Quand on examine ces données, on observe quatre problèmes.
Le test ne distingue pas l'autisme
Échouer à Sally et Anne n'a rien de spécifiquement autistique. Des enfants sourds, aveugles, avec un trouble du langage, et bien d'autres, y échouent autant. Plus un enfant s'écarte de la norme attendue par le test, plus il échoue, quelle qu'en soit la raison.
Tout se joue sur le langage
Le vocabulaire prédit la réussite au test mieux que le diagnostic d'autisme, jusqu'aux trois quarts de la variance. Échouer peut juste signifier qu'on a buté sur une consigne verbale. Le test du "Regard dans les yeux" (RMET, autre test censé mesurer la théorie de l'esprit) dépend à ce point du vocabulaire que son meilleur prédicteur peut être la capacité à prononcer à voix haute des mots difficiles. Eh oui !
Les résultats fondateurs ne tiennent pas
En science, un résultat ne vaut que si d'autres équipes, en refaisant l'expérience, retrouvent la même chose (c'est la réplicabilité). Un résultat qu'on ne parvient pas à reproduire, c'est pas fifou. Or, l'étude d'origine de Baron-Cohen affichait un écart énorme entre enfants autistes et non autistes. Quand d'autres chercheurs ont refait l'expérience, cet écart a presque entièrement disparu, au point de devenir compatible avec une absence totale de différence (l'écart de départ, d = −1,71, tombe autour de −0,04 dans les réplications). Et l'étude initiale ne reposait que sur une poignée d'enfants.
Les tests ne mesurent pas la même chose
Si plusieurs tests évaluent vraiment une même capacité, une personne qui réussit l'un devrait réussir les autres. Ce n'est pas ce qu'on observe : les différents tests censés mesurer la théorie de l'esprit donnent des résultats sans rapport les uns avec les autres. Réussir l'un ne dit quasiment rien sur le fait de réussir l'autre (entre deux des plus connus, le RMET et les « Strange Stories », le lien n'est que de 0,09, sur une échelle où 1 voudrait dire qu'ils sont parfaitement corrélés et 0 aucun lien). Des outils qui ne s'accordent pas entre eux ne mesurent donc pas la même chose.
Et le point décisif pour notre sujet : la performance à ces tâches ne prédit ni l'empathie ni l'aisance sociale réelle. Même en supposant une différence de théorie de l'esprit, elle ne dit rien de la capacité à ressentir autrui. Le pont entre "théorie de l'esprit" et "empathie", celui sur lequel tout le mythe a été construit, n'existe pas dans les données.
Gernsbacher et Yergeau concluent que la thèse est "empiriquement contestable et socialement nuisible". Iels expliquent également que cette idée, largement répandue, a contribué à la déshumanisation des personnes autistes, et citent notamment le "philosophe" David Livingstone Smith (2007) qui a dit des personnes autistes qu'elles « vivent dans un monde où rien n'a d'esprit » et « perçoivent les autres comme des morceaux de chair se déplaçant sans esprit dans l'espace ». Oui oui, vous avez bien lu.
En bref : la théorie de la double empathie, proposée par le chercheur autiste Damian Milton en 2012, avance que les difficultés de communication entre personnes autistes et non autistes sont réciproques, et non le signe d'un déficit propre aux personnes autistes.
Le problème de la double empathie (Milton, 2012) : les difficultés de communication entre autistes et non-autistes sont réciproques, pas à sens unique.
Il reste donc un écart de décodage cognitif. Comment l'interpréter ? En 2012, Damian Milton, chercheur autiste, propose un retournement : le problème de la double empathie. La difficulté ne serait pas intrinsèque à la personne autiste. Elle naît de la rencontre entre deux manières d'habiter le monde, deux modes de fonctionnement et même pourrait-on dire, deux cultures.
La preuve tient en une question simple : et si on allait voir du côté des non autistes ? À titre d'exemple, Cheang et ses collègues (2024) ont montré des vidéos de personnes racontant un souvenir émotionnel à des participants non autistes. Résultat : ces participants lisent moins bien les émotions des narrateurs autistes, surtout la joie et la tristesse. Tiens tiens ! Le décalage existe donc dans les deux sens, et les non autistes peinent à décoder les autistes (si cela vous intéresse, vous pouvez aussi aller consulter les études de Edey et al. 2016, Brewer et al., 2016 et Sheppard et al., 2016). Sauf que pendant 40 ans on n'a étudié que la capacité des autistes à décoder les émotions et expressions faciales des non autistes.
"C'est parfois plus difficile d'éprouver spontanément de l'empathie pour les personnes neurotypiques : leur esprit fait l'expérience des choses autrement. Mais l'inverse arrive tout autant. Ça marche dans les deux sens. Avec mes amis autistes, je m'entends parfaitement, il n'y a aucun manque d'empathie ni d'intimité entre nous." (Kimber et al., 2024)
🔁 Mise à jour scientifique
En 2020, Crompton et ses collègues observaient qu'une information transmise le long d'une chaîne de personnes se conservait mieux entre personnes de même neurotype qu'en chaîne mixte (autiste et non autiste, par exemple). Le principe rappelle le téléphone sans fil : une première personne lit une histoire, la raconte à une deuxième, qui la transmet à une troisième, et ainsi de suite ; on mesure ce qu'il reste du récit au bout de la chaîne. Ce résultat appuyait l'idée de la double empathie : les difficultés de communication ne viennent pas d'un défaut propre aux personnes autistes, mais surgissent surtout quand on mélange deux neurotypes qui se comprennent mal.
Mais en 2025, la même équipe a refait l'expérience sur un échantillon bien plus large et diversifié (311 personnes, étude préenregistrée) : cette fois, aucune différence de transmission entre chaînes mixtes et chaînes de même neurotype. Le résultat fort de 2020 ne s'est pas répliqué.
Ce qui tient, en revanche, des deux études : les personnes autistes se transmettent l'information aussi efficacement entre elles que les non-autistes entre eux. Le déficit de communication autiste ne tient donc pas. Et côté ressenti, on préfère apprendre d'une personne de son propre neurotype, et les personnes autistes apprécient particulièrement les échanges entre autres autistes. La communication n'est pas en panne d'un seul côté : c'est l'ajustement entre deux personnes qui compte.
Une précision, car Milton (2022) y tient : la double empathie ne promet pas que deux personnes autistes se comprennent automatiquement. Elle situe le problème dans l'interaction et dans des rapports de pouvoir inégaux.
Ce n'est pas qu'une erreur scientifique. Elle a des effets concrets sur la vie des personnes autistes.
Pour voir comment ces représentations pèsent sur les parcours, mon article sur les conséquences de l'autisme dans la vie quotidienne détaille ces mécanismes.
C'est tout le travail de L'autisme, autrement : montrer ce que dit la recherche, au-delà des clichés.
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Découvrir le livre →Vous savez que j'aime beaucoup les recherches qualitatives, et surtout les entretiens avec les personnes concernées. On apprend plein de choses, au-delà des chiffres et des statistiques. Kimber et ses collègues (2024) ont interrogé 76 adultes autistes sur leur vécu de l'empathie. 78 % rapportent des épisodes d'hyperempathie, une émotion chez l'autre qui les envahit au point de devenir difficile à vivre.
"J'absorbe les émotions des autres. Je sais presque ce qu'ils ressentent avant même qu'ils en aient conscience." (Kimber et al., 2024)
Ces récits ne sont pas isolés. Ils reflètent ce que montrent les chiffres : une détresse personnelle élevée face à la souffrance d'autrui, une activation émotionnelle qui déborde vite. Cette empathie est souvent conditionnelle, plus vive envers les proches, les animaux et les autres personnes autistes, et fréquemment somatisée : on la ressent dans le ventre, dans la gorge, dans le corps.
D'où l'hypothèse d'un déséquilibre empathique (Smith, 2009) : une résonance affective intense, couplée à un décodage cognitif différent. L'émotion arrive trop fort, pas trop peu. Dire que les personnes autistes manquent d'empathie est donc un raccourci, qui est devenu un stéréotype à la peau dure.
Pour comprendre comment la stigmatisation alimente le camouflage social, mon article sur le masking autistique creuse ce lien.
Pas comme le prétend le cliché. La méta-analyse la plus large (Cusson et al., 2025) montre une empathie affective quasi intacte chez les personnes autistes, parfois même une détresse émotionnelle plus forte face à autrui. Ce qui diffère, c'est le décodage des signaux sociaux, pas la capacité à ressentir.
La théorie de l'esprit, c'est se représenter les croyances et intentions d'autrui. L'empathie affective, c'est ressentir son émotion. Le test de Sally et Anne mesure la première, pas la seconde. Confondre les deux est l'erreur d'origine du mythe du "déficit d'empathie".
C'est un concept proposé en 2012 par Damian Milton, chercheur autiste : les difficultés de communication entre personnes autistes et non autistes sont réciproques, et non un attribut des personnes autistes. Des travaux récents l'appuient, comme l'étude de Cheang et al. (2024), qui montre que les personnes non autistes peinent elles aussi à lire les émotions des personnes autistes.
Parce que le cliché de l'insensibilité sert encore de repère diagnostique. Des femmes autistes au camouflage social développé et à l'empathie visible passent sous les radars des critères classiques, ce qui retarde leur diagnostic, parfois de plusieurs années.
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Lire l'article →Baron-Cohen, S., Leslie, A. M., & Frith, U. (1985). Does the autistic child have a "theory of mind"? Cognition, 21(1), 37–46. https://doi.org/10.1016/0010-0277(85)90022-8
Baron-Cohen, S., & Wheelwright, S. (2004). The Empathy Quotient: An investigation of adults with Asperger syndrome or high functioning autism, and normal sex differences. Journal of Autism and Developmental Disorders, 34(2), 163–175. https://doi.org/10.1023/B:JADD.0000022607.19833.00
Baron-Cohen, S. (2009). Autism: The empathizing–systemizing (E-S) theory. Annals of the New York Academy of Sciences, 1156, 68–80. https://doi.org/10.1111/j.1749-6632.2009.04467.x
Brewer, R., Biotti, F., Catmur, C., Press, C., Happé, F., Cook, R., & Bird, G. (2016). Can neurotypical individuals read autistic facial expressions? Atypical production of emotional facial expressions in autism spectrum disorders. Autism Research, 9(2), 262–271. https://doi.org/10.1002/aur.1508
Cheang, R. T. S., Skjevling, M., Blakemore, A. I. F., Kumari, V., & Puzzo, I. (2024). Do you feel me? Autism, empathic accuracy and the double empathy problem. Autism, 29(9), 2315–2327. https://doi.org/10.1177/13623613241252320
Crompton, C. J., Ropar, D., Evans-Williams, C. V. M., Flynn, E. G., & Fletcher-Watson, S. (2020). Autistic peer-to-peer information transfer is highly effective. Autism, 24(7), 1704–1712. https://doi.org/10.1177/1362361320919286
Crompton, C. J., Foster, S. J., Wilks, C. E. H., Dodd, M., Efthimiou, T. N., Ropar, D., Sasson, N. J., Lages, M., & Fletcher-Watson, S. (2025). Information transfer within and between autistic and non-autistic people. Nature Human Behaviour, 9, 1488–1500. https://doi.org/10.1038/s41562-025-02163-z
Cusson, N. M., Meilleur, A. J., Bernhardt, B. C., Soulières, I., & Mottron, L. (2025). A systematic review and meta-analysis of empathy in autism: The influence of measures. Clinical Psychology Review, 120, 102623. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2025.102623
Edey, R., Cook, J., Brewer, R., Johnson, M. H., Bird, G., & Press, C. (2016). Interaction takes two: Typical adults exhibit mind-blindness towards those with autism spectrum disorder. Journal of Abnormal Psychology, 125(7), 879–885. https://doi.org/10.1037/abn0000199
Fatima, M., & Babu, N. (2023). Cognitive and affective empathy in autism spectrum disorders: A meta-analysis. Review Journal of Autism and Developmental Disorders, 11, 756–775. https://doi.org/10.1007/s40489-023-00364-8
Gernsbacher, M. A., & Yergeau, M. (2019). Empirical failures of the claim that autistic people lack a theory of mind. Archives of Scientific Psychology, 7(1), 102–118. https://doi.org/10.1037/arc0000067
Kimber, L., Verrier, D., & Connolly, S. (2024). Autistic people's experience of empathy and the autistic empathy deficit narrative. Autism in Adulthood, 6(3), 321–330. https://doi.org/10.1089/aut.2023.0001
Kinnaird, E., Stewart, C., & Tchanturia, K. (2019). Investigating alexithymia in autism: A systematic review and meta-analysis. European Psychiatry, 55, 80–89. https://doi.org/10.1016/j.eurpsy.2018.09.004
Milton, D. E. M. (2012). On the ontological status of autism: The 'double empathy problem'. Disability & Society, 27(6), 883–887. https://doi.org/10.1080/09687599.2012.710008
Milton, D., Gurbuz, E., & López, B. (2022). The 'double empathy problem': Ten years on. Autism, 26(8), 1901–1903. https://doi.org/10.1177/13623613221129123
Sheppard, E., Pillai, D., Wong, G. T.-L., Ropar, D., & Mitchell, P. (2016). How easy is it to read the minds of people with autism spectrum disorder? Journal of Autism and Developmental Disorders, 46(4), 1247–1254. https://doi.org/10.1007/s10803-015-2662-8
Smith, A. (2009). The empathy imbalance hypothesis of autism: A theoretical approach to cognitive and emotional empathy in autistic development. The Psychological Record, 59(3), 489–510. https://doi.org/10.1007/BF03395675
Smith, D. L. (2007). The Most Dangerous Animal: Human Nature and the Origins of War. St. Martin's Press. (Propos cités dans Gernsbacher & Yergeau, 2019.)